Après beaucoup d’atermoiements et de décisions contradictoires, Emmanuel Macron a annoncé jeudi, à deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, une nouvelle politique énergétique engageant la France pour 30 ans. Cette annonce intervient, alors que la France risque de manquer d’électricité et qu’elle a dû autoriser en catastrophe, le week-end dernier, le recours aux centrales à charbon pour satisfaire nos besoins immédiats…

Les annonces présidentielles reviennent sur différents objectifs définis dans le cadre de la dernière programmation pluriannuelle de l’énergie décidée il y a moins de quatre ans… Elle prévoit la construction de quatorze réacteurs nucléaires de nouvelle génération et la prolongation de la durée de vie du parc existant au-delà de cinquante ans, alors que le chef de l’Etat a fait procéder au malheureux arrêt de la centrale de Fessenheim. Plus aucune fermeture n’est désormais prévue, alors que l’exécutif en avait planifié 12 d’ici 2035 !

Il faut mettre un terme à cette politique de gribouille qui nous coûte si cher et handicape l’avenir de la France. La hausse continue du prix de l’électricité et le risque de pénurie que nous subissons sont la conséquence de 20 ans d’erreurs politiques qui ont été amplifiés par l’exécutif actuel. Le prix de l’électricité payée par les ménages et les entreprises a plus que doublé depuis 2020. Il augmente désormais beaucoup plus vite que l’inflation, alors que c’était le cas contraire avant 2000.

Notre système électrique a beaucoup souffert du manque d’investissements réalisés depuis deux décennies. La production d’électricité française repose toujours principalement sur les barrages de l’après-guerre et sur les 58 réacteurs nucléaires construits dans les années 1970 et 1980. Il a par ailleurs subi le triple impact négatif d’une ouverture à la concurrence inadaptée, de la mise en place d’un grand marché européen interconnecté tout aussi inopérant, ainsi que d’un recours dispendieux aux énergies éoliennes et solaires. Le caractère imprévisible de ces dernières impose la construction de centrales thermiques à gaz, dont la crise actuelle démontre le caractère inflationniste. L’obligation faite à EDF d’acheter toute l’énergie renouvelable produite le renforce.

Il est urgent de reprendre une politique énergétique digne de ce nom. Cela suppose une approche prospective définissant nos besoins à 30 et 50 ans, ainsi que les moyens de les satisfaire. Ces prévisions sont possibles, puisque nous connaissons notre démographie et l’essentiel de nos besoins. Dans cette perspective, il est irresponsable de la part du chef de l’Etat et de son équipe d’accélérer l’électrification du parc automobile, ainsi que celle des systèmes individuels et collectifs de chauffage, sauf prévoir les capacités de production nécessaires pour les satisfaire. Les Français risquent d’avoir de graves désillusions dans 10 et 20 ans, quand ils ne pourront recharger leur véhicule, ni se chauffer, faute d’électricité disponible !

Mener une politique énergétique digne de ce nom, cela suppose aussi de dégager les moyens nécessaires pour la financer, sans en laisser la charge aux générations futures, à l’opposé de la politique actuelle. Nous devons nous doter des moyens nécessaires pour satisfaire les besoins des Français et de nos entreprises, tout en assurant la protection de l’environnement. C’est cela préparer l’avenir de la France !

lfm_2016