Chers Amis,

L’avenir de la France nous appartient. Cela signifie aussi que nous en sommes responsables. Et cela confirme qu’il est urgent d’agir. Comme le soulignait Charles de Gaulle, « il n’y a de réussite qu’à partir de la vérité. » J’ai confiance dans l’avenir de la France. Mais il est clair que, si nous continuons comme aujourd’hui, notre peuple est mal parti. Il ne tient qu’à nous de redresser la barre et de nous mobiliser pour remettre la France sur le chemin des sommets.

Au-delà du blocage actuel, la plus grave faute du pouvoir actuel est d’avoir substitué au clivage droite-gauche une double fracture. D’abord, celle qui oppose désormais les partis de gouvernement, qui ne représentent plus que 25% des suffrages, aux partis contestataires. Ensuite, celle qui sépare les Français les plus aisés des moins favorisés. Cette division attisée entre les élites et le reste du peuple est mortifère. L’histoire nous enseigne que les deux doivent marcher de pair pour que la France aille de l’avant. Sans travail de rassemblement, il n’y a d’autre issue que la révolution. Dans ce contexte, la priorité politique est la reconstruction d’une droite et d’une gauche de gouvernement capables de pratiquer l’alternance au service de notre pays. Il faut s’y atteler sans délai.

Emmanuel Macron tente aujourd’hui d’étouffer le feu social qu’il a allumé et de reconquérir un peu de popularité en pratiquant « l’arrosage automatique », selon les mots de Sophie Coignard. Depuis 10 jours, nous assistons à une nouvelle pluie de dépenses non financées. Deux milliards d’euros annoncés hier pour le plan vélo, un milliard d’euros la veille, à Saintes, pour les lycées professionnels, un milliard et demi quelques jours avant pour l’accessibilité des lieux publics. Chacune de ces dépenses, en particulier la dernière, est légitime. Mais l’exécutif n’en a, faute de maîtrise du budget, plus les moyens. À ce train-là, les économies annoncées pour justifier la réforme des retraites auront été dépensées en moins d’un mois. C’est exactement le risque que l’agence de notation Fitch pointait en dégradant la note de la France à AA- vendredi dernier.

Il est frappant de constater, au même moment, que l’Allemagne, après avoir relevé ses prévisions de croissance, entend consacrer toutes ses recettes supplémentaires au désendettement. Le déficit public allemand devrait ainsi être ramené de 4,25% du PIB en 2023 à 0,75% dès 2025 afin de « garantir la capacité d’action de la politique financière et d’assurer les espaces de liberté des générations futures ». En comparaison, le gouvernement français prévoit de ne revenir sous les 3% du PIB qu’à partir de 2027, sans égard pour notre jeunesse.

La fuite en avant budgétaire, conséquence du clientélisme politique qui sévit dans notre pays depuis plus de 40 ans, est à l’origine du délitement de l’Etat et de l’ensemble de nos services publics. Les Français s’en aperçoivent enfin ! Il y a urgence à reconstruire l’Etat et à redonner à ses fonctions essentielles, en particulier régaliennes, les moyens d’exercer leur mission. Je crois profondément aux vertus de la libre entreprise et de l’économie de marché. Mais nous ne pouvons oublier qu’en France, tout procède de l’Etat. C’est vers lui que les Français se tournent quand les difficultés apparaissent. Il nous faut, pour ces raisons, retrouver un État modeste, mais fort, concentré sur ses priorités essentielles et sur la préparation de l’avenir de la France.

De Gaulle l’a écrit mieux que moi. Le trouble dans l’Etat a pour conséquence inéluctable la désaffection des citoyens à l’égard des institutions et la montée du risque de dictature. Le fait que 64% des Français considèrent désormais, à raison, que les libertés individuelles se sont affaiblies depuis dix ans est un signal sur lequel nous devons rebondir. Il le faut d’autant plus que ChatGPT, et plus largement l’intelligence artificielle, constituent des instruments démultipliés de manipulation de masse, comme vient de le dénoncer Geoffrey Hinton, l’un de leurs créateurs, après avoir quitté Google. Il ne s’agit pas pour nous d’avoir peur, mais d’agir pour renforcer les fondements de notre République et de nos libertés dans ce nouvel environnement.

Le pire peut arriver si nous ne faisons rien. L’histoire le démontre. Mais il est en notre pouvoir d’en faire évoluer positivement le cours en réalisant le choix du bon côté et du bien commun. Nous arrivons à l’un de ces moments où il nous appartiendra d’aiguiller notre pays vers le chemin du meilleur plutôt que de continuer à le laisser sombrer. C’est le sens de notre engagement politique. C’est l’objectif pour lequel nous entendons désormais nous mobiliser avec votre soutien, au service de l’avenir de la France, de nos enfants et petits-enfants.

Je forme mes meilleurs vœux pour le règne de Charles III, qui sera couronné demain à Londres. Qu’il œuvre avec humilité, efficacité et discernement au service de son pays, du futur de l’Europe et de celui de monde.

Bon week-end à tous, dans la détermination, l’espérance et la solidarité avec nos frères et sœurs ukrainiens

Amicalement

François

François Vigne

Président de la France en marche

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