Chers Amis,

Retrouver confiance et espérance, voilà ce dont les Français ont besoin. Rien ne sera possible sans elles, mais les deux manquent aujourd’hui. A 30% de confiance, le président de la République ne bénéficie pas du soutien nécessaire pour faire réellement avancer le pays. Le fait que 84 % des Français considèrent le futur comme inquiétant montre aussi l’ampleur du chemin à parcourir. Pour y parvenir, nous devons nous attaquer aux vrais problèmes et faire preuve d’un esprit rebelle face aux fausses évidences et aux vieilles idées reçues.

Le temps est venu de cesser d’accepter l’inacceptable et de tordre le coup aux vérités d’évidence qui paralysent le pays.  Le chômage en fait partie. Malgré l’amélioration en cours depuis 2015, il reste, à 8,6%, beaucoup plus élevé que dans toutes les nations comparables. Il n’y a aucune raison valable pour que nous ne parvenions pas à rattraper l’Allemagne, à 3,1%, la Grande-Bretagne, à 3,8% les Etats-Unis, à 3,6%, la Suisse, à 2,3% et bien d’autres, si nous nous en donnons les moyens.

Les féminicides sont un autre terrible exemple. Avec plus de 137 meurtres depuis le 1er janvier, 2019 s’annonce comme une très mauvaise année. Mais il n’y a pas de fatalité. Comme le démontre le rapport du Conseil de l’Europe publié mardi, la France ne fait pas assez en la matière. Nous n’avons pas besoin de nouveau Grenelle des violences conjugales, mais d’action sur le terrain dans les gendarmeries, dans les commissariats, dans les tribunaux et dans les écoles, de mise en place de dispositifs d’hébergement d’urgence, ainsi que d’un renforcement des peines, comme des mesures de protection. Tout ceci est à notre portée. Ce n’est qu’une question de volonté.

Lutter contre les poncifs, c’est aussi ne pas nous habituer à la persistance d’une grande pauvreté, au sein même de notre pays, et au fait qu’il n’y ait jamais eu autant d’enfants dans la rue. C’est tirer les leçons des nouvelles études confirmant que les magasins ouverts après 21h ne réalisent que 1 % à 2% de leur chiffre d’affaires quotidien après cette heure et éviter d’imposer aux salariés de faire de nouveaux sacrifices en travaillant tard le soir pour un bénéfice quasi nul.

C’est entendre les messages de tous les dirigeants des grandes entreprises de la Tech, dont Tim Cook, président d’Apple avant-hier, confirmant que l’exploitation de données personnelles sous prétexte de progrès est un compromis trompeur. C’est enfin ne plus accepter que notre pays soit une nouvelle fois épinglé comme un cancre de la classe européenne, comme cela a encore été le cas mercredi, pour son incapacité à maîtriser ses dépenses et à réduire sa dette.

C’est pour cela que nous mettons la réforme de l’Etat au cœur de notre programme. Nous ne sommes pas des amoureux de la baisse des dépenses publiques, mais nous savons que nous ne pourrons donner un nouveau souffle à notre pays qu’après avoir rétabli l’Etat, avoir assaini ses finances et avoir donné aux Français les moyens d’une baisse véritable des prélèvements publics. En y parvenant, nous servirons le bien commun, l’avenir de la France et celui de l’Union. Car pour prétendre refonder l’Europe, encore faut-il d’abord redresser la France.

Pour la redresser, il ne suffira pas de la réformer. Il faudra la rassembler. C’est un défi au regard de la situation actuelle ou du nouveau sondage paru mardi qui témoigne du fossé qui sépare aujourd’hui les jeunes de 17-23 ans des territoires périphériques de la jeunesse des métropoles. Ce défi, nous voulons le relever en nous attaquant en priorité aux vrais problèmes des Français et en privilégiant les actes par rapport aux discours.

Nous le voulons d’autant plus que c’est ainsi que nous serons collectivement à la hauteur de notre pays, de son histoire et de son héritage. La France est une grande nation, la plus grande pour moi. Être français est un honneur. C’est une chance aussi. C’est d’ailleurs ce que pensent énormément d’hommes et de femmes partout sur la terre, puisque la nationalité française est, pour la huitième année consécutive, celle qui fait le plus rêver. A nous d’agir pour ce que rêve reste entier et que la France reste une lumière et un espoir pour le monde.

Ensemble, donnons à la France, à l’Europe et au monde l’avenir que nous voulons.

Bon week-end à tous

François Vigne

Président de la France en marche

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