Chers Amis,

Beaucoup m’ont demandé mes consignes de vote pour la primaire de demain. Comme je l’ai indiqué, elle n’est pas ma bataille.

Il s’agit en fait d’une élection pour la désignation du candidat d’un parti, les Républicains. Elle n’a pas d’autre valeur que celle-là ou celle d’un grand sondage. Contrairement aux propos des commentateurs officiels, la route sera longue entre le second tour de cette primaire et celui de l’élection présidentielle. Et je ne considère pas comme un grand progrès démocratique le fait de jouer, dans l’ordre ou le désordre, le tiercé des numéros 1, 2 et 3 de l’exécutif du quinquennat 2007-2012, qui ont fait de la politique leur profession depuis plus de 40 ans…

Il est clair aussi que la primaire des Républicains a été, jusqu’à présent, largement hors sujet. Ses principaux candidats nous ont principalement proposé de refaire le quinquennat de 2007 à l’envers, en réalisant tout ce qu’ils n’ont pas osé ou voulu faire à l’époque. Mais l’enjeu n’est plus là, alors que nous sommes 10 ans après et que le monde a été profondément bouleversé dans l’intervalle.

Je voyais mercredi et jeudi, en tête à tête, deux des dirigeants d’entreprises étrangères invités hier soir à l’Elysée pour participer au Conseil stratégique de l’attractivité avec François Hollande. Pour favoriser l’emploi en France, ils ne m’ont pas parlé de revenir sur les 35h, mais, dans l’ordre, de renforcer la formation des salariés, notamment moins qualifiés, d’améliorer l’apprentissage des langues étrangères et enfin de moderniser notre système administratif pour en réduire le coût et pour simplifier notre réglementation.

Dans la situation actuelle, nous ne devons pas nous tromper de combat ni mener les guerres d’hier. Nous devons au contraire nous concentrer sur les grands défis d’aujourd’hui et sur ceux de demain. La transformation de l’Etat et celle de notre système scolaire en sont deux essentiels.

L’Europe en est un autre. Elle engage trop le destin de notre pays pour être traitée de façon anecdotique ou d’un revers de la main. Contrairement aux discours des candidats à la primaire, il ne suffit pas de dire je veux ou d’un coup de menton pour changer l’Union. Nous ne sommes plus en 1957, ni en 1965. L’Europe n’obéit pas à la logique étatique pyramidale que nous connaissons dans notre organisation nationale. Il faut, pour y imposer ses vues, savoir créer des alliances, négocier des compromis et avoir une vision claire et déterminée des objectifs visés à court, moyen et long terme. De cela, aucun des candidats, malgré leur soi-disant expérience, n’a parlé aux Français. Et ce n’est pas en annonçant déjà que la France manquera ses engagements budgétaires dans les prochaines années que nous nous ferons respecter par nos partenaires…

La réintégration dans le projet national de tous ceux qui s’en sentent exclus est un quatrième défi, qui a pourtant été très peu traité. La suppression de l’ISF a eu droit à beaucoup plus de développements, alors qu’elle reste secondaire. Elle est, comme je l’ai dit et écrit depuis 2012, nécessaire pour mettre fin à la fuite de talents et de ressources que « l’impôt imbécile » provoque depuis trop longtemps. Mais nous devons être conscients que 72% des Français demeurent hostiles à cette mesure, soit plus qu’à la loi Travail, et qu’elle n’a d’autre justification que de permettre de relancer la croissance, de servir l’objectif de plein emploi et de faire reculer la pauvreté.

Sa nouvelle progression l’année dernière, confirmée par le dernier rapport du Secours catholique, démontre l’échec de notre modèle plus fiscal que social, avec 57% de dépenses publiques. Mais l’indispensable réforme fiscale manquerait son but si elle ne visait qu’à faire de la France un nouveau paradis fiscal pour une quelconque catégorie sociale, y compris les entrepreneurs.

C’est au contraire parce que nous saurons rassembler la France Zemmour, celle des campagnes isolées, celle des banlieues abandonnées à elles-mêmes, avec la France des enfants du digital et celle des entrepreneurs internationaux autour d’un projet partagé de croissance, d’ascension sociale, d’intégration réussie et de grandeur que nous pourrons éviter l’impasse dans laquelle d’autres nations sont en train de se fourvoyer. La vitesse à laquelle beaucoup semblent déjà s’accommoder du système Trump montre la fragilité de nos modèles démocratiques et de nos valeurs.

A nous de nous mobiliser et de donner notre meilleur pour remettre la France, toute la France, en marche, et de la mettre en marche vers un avenir meilleur ! C’est le chemin que je vous propose.

Bon week-end à tous

François Vigne

Président de la France en marche

 

 

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