Plusieurs, à droite comme à gauche, tentent aujourd’hui de populariser l’idée d’un revenu universel au nom soit du libéralisme, soit du vrai socialisme. L’objectif serait d’attribuer à tout citoyen un revenu minimum, indépendamment de son activité et des revenus qu’il ou elle en tire. Ce revenu pourrait, le cas échéant, prendre la forme d’un impôt négatif pour ceux qui en sont redevables.

De simples calculs suffisent à montrer le caractère irréaliste d’une telle proposition. En fixant le montant du revenu universel à 548,68 euros par mois ou 6 584 euros par an, soit le montant actuel du RSA, le coût total annuel du revenu universel atteindrait 441 milliards d’euros, à comparer aux 10 milliards actuels du RSA. Les dépenses publiques bondiraient des 56,8

% actuelles à plus de 78%…

Le scénario d’un impôt négatif ne changerait pas grand-chose. Avec un produit total annuel d’impôt sur le revenu limité à 76 milliards d’euros, soit 2 054 euros par redevable, il serait nécessaire de compléter le revenu universel des personnes concernées par un versement additionnel. Les dépenses publiques atteindraient dans ce cas un peu moins de 75% du PIB…

La messe est dite. Laissons les idéologues de tous bords perdre du temps sur le sujet. Mais le problème demeure de vaincre la guerre contre la précarité et la pauvreté qui touchent encore trop de nos citoyens. Le chômage en est la première cause.

C’est pour cela que nous devons gagner le combat de l’emploi en levant les freins qui le maintiennent à 10% en France contre 5% environ en Allemagne comme au Royaume-Uni. Le passage au contrat unique, pour les salariés du privé et du public, est dans cette perspective une arme clef, comme le soutient d’ailleurs notre prix Nobel Jean Tirole. La baisse des charges qui pèsent sur les salaires, grâce à la baisse éclairée et sélective des dépenses publiques, en est une autre. En les mettant ensemble en œuvre et en poursuivant les autres réformes indispensables, il n’y a aucune raison que la France ne retrouve pas rapidement le plein emploi.

Au-delà des discours, le vrai revenu universel, c’est le plein emploi ! En assurant un travail à tous, il permet d’assurer la dignité, la sécurité financière et la liberté de chacun, puisqu’il facilite aussi le changement d’emploi. C’est pour cela qu’il est notre priorité et qu’il doit devenir la priorité nationale !

lfm_2016