Contrairement à ce qui avait été affirmé il y a quelques semaines, les primaires ne sont pas la solution à la crise du système politique actuel. Au contraire, elles en sont la manifestation ultime.

Si le mécanisme de la primaire a servi, en 2011-2012, de cache-misère à la gauche et a permis l’élection de François Hollande, il en révèle aujourd’hui toutes les fractures. La primaire de la Belle Alliance Populaire, qui n’a de belle, d’alliance et de populaire que le nom, tourne en effet à vide sans permettre de résoudre la crise de leadership de la gauche, ni celle de son projet. Il est pathétique de voir  Manuel Valls enfourcher la cause de la suppression du 49-3, plusieurs de ses concurrents défendre un revenu universel qu’ils savent irréalisable, car non finançable, et des journaux comme Le Monde ou l’Obs obligés de se lancer dans le concours d’idées, même les plus farfelues, pour tenter d’en insuffler à des candidats qui n’en ont pas.

L’impasse du grand écart

Refusant d’admettre qu’ils ne savent plus combler le fossé qui sépare leurs promesses de leur action gouvernementale, les ténors de la gauche préfèrent fuir leur bilan et inventer d’autres mirages plutôt que d’élaborer un programme compatible avec des contraintes qu’ils connaissent désormais parfaitement.

Aujourd’hui même, Manuel Valls en a donné une nouvelle preuve en rendant public un programme annonçant une prochaine convergence européenne des salaires minimum et de l’impôt sur les sociétés. Premier ministre sortant, il sait pourtant parfaitement que seul un alignement par le bas le rendrait possible au vu des positions de nos partenaires. Mais cela, il préfère le taire.

La démocratie française en crise

Le problème de la France est là. Il explique que 70% des Français considèrent que « la démocratie ne fonctionne pas bien » et que 89% d’entre-eux estiment que les responsables politiques « ne se préoccupent pas de ce que pensent les gens comme nous » selon le huitième Baromètre annuel de la confiance politique que le Cevipof (centre de recherches politiques de SciencesPo) vient de publier.

Les clefs du retour à la confiance

Plutôt que de radicalité, notre pays a aujourd’hui besoin de pragmatisme, de détermination, de bon sens, d’une vision claire et d’une juste répartition des efforts. Ce sont les clefs du retour à la confiance. S’enfermer dans une rhétorique étroite et dans une position figée risque d’être suicidaire et de favoriser la tâche de Marine Le Pen, comme des représentants de la majorité actuelle, qu’elle soit incarnée par Arnaud Montebourg Manuel Valls ou Emmanuel Macron. Les actes parlant mieux que les mots, leur bilan collectif et individuel indique clairement que leur élection à la tête de l’Etat mènerait dans une nouvelle impasse.

Il ne faut pas se tromper. Avec les soutiens et les moyens colossaux qui sont mis à sa disposition, Emmanuel Macron n’est pas le candidat hors système qu’il prétend être, mais la bouée de sauvetage d’une technostructure qui ne veut pas quitter la place. En recrutant, pour finaliser son programme, le patron de France Stratégie, dont les derniers rapports sur la taxation des propriétaires occupants ou l’héritage vont dans le sens des dérives que notre nation subit depuis 35 ans, il trahit le mouvement dans lequel il s’inscrit fondamentalement.

Un autre projet pour la France

Un autre projet est possible pour la France, celui d’un Etat fortifié et recentré sur ses missions essentielles, celui d’un pays sans zone de non-droit, à la sécurité assurée pour tous les citoyens, celui d’un pays au système politique débarrassé du régime des partis actuel, celui d’un pays permettant à chacun, des plus jeunes aux plus âgés, de trouver un emploi, celui d’un pays décidé à intégrer tous ses immigrés dès qu’ils sont légalement établis sur son territoire, celui d’un pays donnant toute sa place à la famille comme cellule de base de la société, celui d’un pays dans lequel la marque du système éducatif ne soit plus l’échec, mais le succès scolaire, celui d’un pays dans lequel chaque citoyen puisse ambitionner de parvenir au plus haut niveau de l’échelle sociale quelle que soit son origine, celui d’un pays combattant sans relâche la pauvreté, celui d’un pays accélérant la transition énergétique pour assurer la santé de tous, préserver ses magnifiques paysages et créer une dynamique de croissance durable, celui d’un pays moteur d’un projet européen clair servant son avenir et celui de sa jeunesse, celui d’un pays exerçant sa mission historique de grande nation avec fierté, responsabilité et grandeur. C’est le projet que j’ai choisi, avec la France en marche, de proposer aux Français.

Prendre notre destin en main

Comme l’a dit Barack Obama à Chicago mardi dernier : « Si quelque chose semble ne pas fonctionner correctement, remontez-vous les manches et faites des propositions. Si vos élus vous déçoivent, prenez un papier, rassemblez des signatures, et présentez-vous. Allez-y. Persévérez. Parfois vous gagnerez, parfois vous perdrez. Mais présumer de la bonne volonté des autres est risqué. »

Au moment où les défaillances de leurs dirigeants ont conduit les peuples britanniques et américains à se lancer dans des aventures incertaines, c’est notre responsabilité de prendre notre destin en main !

lfm_2016