La France doit changer de politique européenne !

Le fiasco du sommet européen des 19 / 20 novembre et le blocage du plan de relance sont un échec pour l’Union. Ils sont aussi un revers pour la France. Il est confirmé que l’Europe du directoire franco-allemand est morte, même pour les sujets les plus importants. La diplomatie macronienne connaît aussi une nouvelle débâcle. L’arrogance ne fonctionne pas.

Le blocage du plan de relance par la Hongrie et la Pologne prend l’Union en otage. Tous les pays qui avaient placé beaucoup d’espoir dans ce soutien européen, dont la France et les autres pays de l’Europe du Sud, se trouvent devant la difficile alternative de devoir céder ou de ne pouvoir financer leur effort de relance.

La remise en cause du droit de veto pour les sujets essentiels serait une fuite en avant dangereuse. Elle consacrerait une nouvelle perte de souveraineté. Le remède risque d’être pire que le mal. Demain, c’est nous qui pourrions avoir à subir des décisions dont nous ne voulons pas. Ne commettons pas cette erreur durable pour tenter de résoudre un problème immédiat.

Pour sortir par le haut de cette crise, la France doit changer de politique européenne. Les Français ne doivent pas se faire d’illusion. La plupart des citoyens des autres pays de l’Union, ainsi que leurs dirigeants, ne sont pas sensibles aux discours d’Emmanuel Macron, qui n’enthousiasment que sa cour élyséenne et les médias français. Nos partenaires sont beaucoup plus sensibles aux actes. Ils attendent aussi d’être considérés au même niveau que nous, sans condescendance, mépris ou autre sentiment de supériorité.

C’est pour cela qu’il faut passer de l’arrogance à l’esprit d’équipe, de la diplomatie de l’oukase à celle de la conviction. Depuis 2012, la France a perdu sa capacité d’entraînement. C’est en rassemblant les autres pays de l’Union autour de nos positions, en les associant à celles-ci et en tenant compte de leurs avis pour les améliorer que nous retrouverons le leadership  que nous avons perdu depuis François Hollande et sous son successeur.

Nous devons aussi tirer toutes les conséquences de la crise actuelle pour notre politique nationale. Il est démontré une fois de plus que nous ne devons pas dépendre des subsides de l’Union. Notre relance et notre avenir ne doivent dépendre que de nous. Il est urgent de répondre notre destin en main !

lfm_2016