Chers Amis,

Derrière la crise des Gilets jaunes, c’est la question sociale qui est posée. Le plan présenté mardi par Emmanuel Macron n’y répond pas, malgré les renoncements qu’il représente pour l’environnement. C’est pour cela qu’il a manqué son but et que les Français sont désormais 84% à soutenir le mouvement !

Ce fut la force de la Vème République gaullienne d’avoir une véritable ambition sociale. Dans tous ses discours, mais dans toutes ses actions aussi, le général de Gaulle n’oubliait jamais la grandeur de la France, ni l’objectif de progrès social. C’est ainsi qu’il a pu rapidement remettre le pays sur pied et lui donner un formidable élan.

Cette volonté de progrès social fait défaut aujourd’hui. Au contraire, ce qu’énormément de Français ont retenu des dix-huit derniers mois, c’est, en plus de nouveaux impôts, l’arrogance et le mépris. Tous les Gilets jaunes avec lesquels je me suis entretenu le confirment. Autant que le matraquage fiscal, qu’ils avaient déjà subi pendant cinq ans sous François Hollande, ce sont les leçons et les provocations présidentielles qui les ont fait sortir dans la rue.

Oui, ils sont prêts à se retrousser les manches, oui, ils sont prêts à faire des efforts pour assurer le redressement national, pour permettre la transition énergétique et pour vaincre le chômage. Mais ils demandent que le pouvoir les respecte et que les efforts soient partagés. Ils ont le clair sentiment depuis l’élection présidentielle que ni l’un, ni l’autre ne l’est ou ne l’a été. Plus que de la théorie du ruissellement, la politique présidentielle leur semble inspirée de celle des miettes qui leur seront éventuellement laissées du banquet auquel ils ne sont pas invités.

Cela doit changer si nous voulons éviter le recul national, l’enlisement ou la révolution. Les scènes de confrontations, samedi dernier, entre clients des restaurants huppés de l’avenue Montaigne et « gueux », se présentant comme tels, en gilets jaunes montrent une dangereuse montée des tensions sociales.

Le changement de ton présidentiel, ainsi que les réunions qu’ont finalement acceptées le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement avec des représentants des Gilets jaunes, sont des pas dans la bonne direction. Mais il est très tard. L’exaspération est là et le fiasco de la réunion de vendredi entre Edouard Philippe et certains Gilets jaunes est de mauvais augure. Alors que l’impact sur l’économie est de plus en plus fort et que l’image de la France dans le monde se dégrade, il est plus que temps de reporter l’entrée en vigueur de la taxe carbone.

Il faut aussi aller nettement plus loin dans la réduction de la pression fiscale que ce qu’a annoncé Emmanuel Macron. Avec 1% seulement de baisse programmée d’ici à la fin du quinquennat, nous resterions, à 47,4% de recettes fiscales, bonnet d’âne en Europe devant la Belgique et Danemark, et sept points au-dessus de l’Allemagne comme de la moyenne européenne ! Beaucoup plus d’ambition est nécessaire, ce qui suppose de s’attaquer enfin à la réforme de l’Etat.

C’est notre responsabilité de ranimer l’espoir chez toutes les Françaises et tous les Français qui souffrent. Il est urgent de redonner un sens aux réformes et de concentrer les efforts sur les prioritaires, à commencer par celle de l’Etat, la reconquête des zones de non-droit, une véritable transition énergétique et environnementale et le redressement du système éducatif. La transformation du pays et l’adaptation aux contraintes internationales n’ont de sens et ne seront possibles que si elles sont mises au service de la grandeur nationale, du progrès social et du bien commun.

La France n’est ni les Etats-Unis, ni le Royaume-Uni. Son identité, c’est aussi que tout grand dessein national doit être animé d’une ambition de progrès social. L’exemple des 10 premières années de la Vème République, dans un contexte certes différent, mais pas autant que certains se complaisent à le décrire, prouve que ce progrès social n’est pas incompatible, bien au contraire, avec rétablissement des comptes publics, plein emploi, modernisation du pays, investissement de long terme et grandeur nationale.

C’est le fondement de notre projet, un projet de respect, condition de la cohésion et du rassemblement national, un projet de progrès, sans lequel aucune ascension sociale n’est possible, un projet de redressement de l’Etat et des comptes publics, qui conditionne notre prospérité et notre avenir commun, un projet de justice, conforme à nos valeurs fondamentales et à l’identité de notre peuple, un projet d’Espérance mettant en perspective et rendant supportables les efforts nécessaires, un projet de grandeur enfin pour la France et pour l’Europe. C’est ce projet que nous voulons développer et autour duquel nous souhaitons réunir les Français avec votre soutien.

Ensemble, rassemblons nos espoirs et nos forces pour donner à la France l’avenir qu’elle mérite !

Bon week-end à tous

François Vigne

Président de la France en marche

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