Dix jours après le passage de l’ouragan aux Antilles, force est de constater que l’Etat français n’a pas été à la hauteur. 

Ayant failli à anticiper les conséquences du phénomène, ainsi que les moyens à mettre en œuvre pour garantir l’ordre public et venir rapidement en aide aux sinistrés, il peine aujourd’hui à assurer un retour à la normale. Il n’y a pourtant pas de fatalité, puisque les autorités américaines se sont montrées plus efficaces en Floride. 

La cacophonie gouvernementale sur la situation sanitaire et les risques épidémiologiques encourus par la population, qui s’est développée ces derniers jours après les déclarations de la ministre de la santé, ainsi que de la ministre des Outre-mer et les démentis des services de la préfecture, sont une nouvelle manifestation de ces dysfonctionnements et du manque de maîtrise de la situation par les autorités publiques. Elles démontrent aussi l’urgence qu’il y a à rétablir l’eau potable et assurer la sécurité sanitaire partout à Saint-Barthélemy et Saint-Martin en engageant tous les moyens nécessaires. 

Dans cette perspective, il n’est pas acceptable que des fonctionnaires envisagent de rentrer en métropole en abandonnant les habitants de Saint-Barthélemy et Saint-Martin à leurs difficultés et en laissant, par exemple, les élèves sans enseignants. S’il est tout fait compréhensible que les agents publics souhaitent rapatrier leur famille pour lui assurer des conditions de vie plus confortables, il leur revient d’assurer leur mission et la présence des services publics sur ces deux îles au moment où nos compatriotes locaux en ont le plus besoin. 

Il appartient au président de la République et au Premier ministre de leur rappeler leurs devoirs et les contraintes que leur impose leur choix du service de l’Etat et de ses collectivités. Rien ne justifierait le maintien du statut de la fonction publique si les fonctionnaires étaient les premiers à sauter du navire quand la mer est difficile. 

Face aux défaillances actuelles de l’Etat, il est urgent que l’exécutif reprenne la maîtrise de la situation en assurant la continuité de l’Etat et le retour à la normale des services publics.

Tous les enseignements doivent être également tirés de la situation pour éviter que les dysfonctionnements ne se reproduisent à l’avenir et pour établir les nouveaux fondements de ce que doit être l’Etat français du XXIème siècle, un État fort, un État solide, un État exemplaire, recentré sur ses missions, mais exerçant toutes celles-ci avec efficacité et professionnalisme dans le respect des valeurs qui fondent notre République 

lfm_2016